Pour que les acteurs non étatiques contribuent utilement à la transition vers des sociétés durables quatre évolutions sont nécessaires.

Tout d'abord, ils doivent s'affranchir de leur complexe d'infériorité vis à vis des Etats. Il les incite à singer la langue de bois des négociations intergouvernementales dans l'espoir d'être invités « à la table des grands ». Il serait préférable qu'ils appellent un chat un chat, qu'ils invitent collectivement et fermement les États à assumer leurs responsabilités et qu'ils assument leur propre part de responsabilité .

Deuxièmement, ils doivent promouvoir ensemble les changements structurels qui conditionnent le respect des objectifs de la communauté internationale mais que les États, trente ans après la publication du rapport Bruntland et plus de vingt COP, demeurent incapables de concevoir et de décider : des accords commerciaux internationaux privilégiant les filières durables de production et de consommation ; le découplage de la croissance économique et de la consommation d'énergie fossile par la mise en place de quotas ; un droit international de la responsabilité qui oblige chaque acteur, public ou privé, à assumer la conséquence de ses actes. Que ces trois propositions passent pour des provocations en dit long sur une bienséance qui stérilise la pensée.

Troisièmement, ils doivent construire, autour des principaux défis de la transition, des coalitions d'acteurs qui permettent des apprentissages mutuels, une coordination des stratégies, une complémentarité des actions, une mesure de l'écart entre la somme de celles-ci et les objectifs à atteindre et la recherche des moyens de le combler. C'est ce qui a été affiché au premier Sommet des acteurs non étatiques, Climate Chance, à Nantes, avec la volonté de consolider, élargir et doter d'une feuille de route commune un ensemble de coalitions.

Enfin, ils doivent renforcer leurs capacités stratégiques à long terme pour être, d'année en année, plus pertinents, plus percutants, plus cohérents. C'est cette quatrième évolution qui a guidé la démarche de valorisation collective des ateliers organisés à Nantes à l'occasion de Climate Chance.

Pour cela il faut des méthodes rigoureuses d'organisation du travail collectif, permettant de dégager de façon transparente une synthèse à partir des contributions de chacun dans de multiples ateliers. C'est l'objectif de la méthode Desmodo, https://www.desmodo.net/, mise eon œuvre avec succès lors de la grande conférence organisée par Climate Chance en 2016 à Nantes.

La méthode suivie pour élaborer "en temps réel" la synthèse de 20 ateliers de Nantes comporte quatre étapes : la mise en forme normalisée des compte rendus des ateliers ; le regroupement des éléments tirés des ateliers  en un petit nombre de « familles »; le rattachement des éléments tirés des ateliers à chacune des familles identifiées pour s'assurer qu'elles reflètent bien le contenu des ateliers ; l'énoncé de la synthèse en repartant du contenu concret des familles pour en dégager la signification profonde. La note jointe détaille la méthode et son résultat.

A l'heure où l'Intelligence artificielle prétend se substituer à l'intelligence humaine pour produire des synthèses automatiques, réhabiliter cet outil de construction méthodique et contrôlée d'une synthèse est de première urgence